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De l’ombre à la lumière par la création


De l’ombre à la lumière par la création
Et la réinsertion
Le soleil brille encore pour tout le monde !

Oublie les larmes de la honte
Tu as payé ta dette envers la Société
La liberté retrouvée, affiche ta dignité

C’est un choix. D’autres l’ont bel et bien fait avant toi
Alors bats-toi !
Le monde de l’entreprise s’est mobilisé

par Claude BOURG , le 03/09/2009 | Commentaires : 0
L’actualité m’y aidant … J’ose ces quelques mots :
Je ne suis pas une intellectuelle mais toujours dans l’action là où je me sens le mieux. C’est pourquoi, je joins ma voix à tous ceux et celles qui ont depuis longtemps anticipé par leurs écrits et leur combat, pour restaurer dans leur dimension d’acteurs de la vie, ceux qui furent des « hors la loi » : J’ai l’expérience des désillusions de ces malheureux « libérés » à partir de leur sortie de prison. Ce qui explique le tutoiement que sinon, je ne me permettrais pas. Je me réfère à Louis Albrand qui crie qu’il est grand temps, qu’en plus des politiques, la société civile prenne cette question à bras le corps si nous ne voulons pas de nouveaux drames.

Depuis bien longtemps, je tiens à le signaler, le monde de l’entreprise, pas assez fortement certainement, pour les détenus et les libérés, s’est aussi mobilisé. Et nous n’en avons jamais revendiqué un mérite moral.

Quand le social et l’économie se marient pour le meilleur

Les entreprises de travail temporaire – depuis sa création – ont le sentiment d’avoir largement participé à leur réinsertion dans le milieu économique et social. Il ne s’agissait apparemment que de reconnaître leur mérite professionnel : souvent du travail manuel lequel et bien qu’hautement qualifié reste encore chez nous en France le parent pauvre. Et c’est bien dommage. Les femmes principalement dans le secteur tertiaire. J’ai aussi un sentiment de tristesse pour les autres, les leurs, quand les portes se ferment à l’évocation du conjoint. Ils espèrent leur sortie. Elles espèrent être comprises. On ne renie pas ce que l’on a aimé. Pour elles aussi nos portes se sont ouvertes. Chapeau également aux entreprises clientes, petites, moyennes et grandes qui les ont accueillis, dans leurs ateliers, leurs chantiers, leurs bureaux surtout lorsqu’on porte un nom trop connu.

Le travail temporaire est un formidable outil de réinsertion et je pourrais dire, là aussi, que les institutions officielles sont moins efficaces. Mais, je ne le dis pas. Parce ce que c’est une conception de ce qui fut ma profession, qui relève de ma vie privée.

Devenir son propre patron


Quoiqu’on en dise, on lit, on se cultive, on écrit, on n’a pas que des cartes de boutons à enfiler dans les prisons. On réfléchit aussi à devenir son propre patron.

Laissez-moi vous conter l’histoire de ce détenu désireux de créer son entreprise qui, par le biais de ma fondation, s’est adressé à moi, à nous, à la société pour confier sa raison d’espérer :

Un tout jeune cuisinier – en semi liberté – qui avait réfléchi, lui enfermé entre ses quatre murs pour ceux qui le faisaient rêver, nos célèbres navigateurs-aventuriers des mers et des océans, à la mise au point de cette nouvelle cuisine lyophilisée. Il se rendit au départ de leurs traversées et leur proposa ses créations. Des poudres de toutes les couleurs ! Tous ont accepté ; on sait prendre des risques quand on est de cette trempe là, et à l’unanimité, ils ont aimé ; ça les changeait des boîtes de conserves. Enthousiasmés, ils ont témoigné par des lettres de soutien encourageant ce jeune à créer son entreprise. Ils avaient certainement tout compris. Ils savent d’où vient le vent, ces hommes là.

Seulement voilà. Pour travailler sur son projet, il lui fallait davantage de temps et… l’autorisation de la juge d’application des peines, qui fut ma foi bien dubitative. Bien sûr en a-t-elle convenu : il avait mon soutien et celui de tout ceux qui accompagnent aussi mes combats.

C’est alors que je me suis tournée auprès d’une relation amie : le Président Pierre Truche, actuellement Président honoraire de la Cour de Cassation et de la Commission Consultative des droits de l’homme. Que ce jeune détenu fasse l’objet d’une si haute attention provoqua l’effet d’un véritable coup de tonnerre… Belle histoire d’hommes que ce regard humain du Haut magistrat, le premier de la France, et de ces illustres navigateurs, envers le gamin des prisons en vertu de la création de son entreprise. Celle-ci est particulière mais je pourrais vous en raconter d’autres.




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