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L’Identité Nationale


Français ou pas quand on n’a pas de toit
Quand on n’a pas d’emploi

C’est quoi ?

par Claude BOURG , le 12/11/2009 | Commentaires : 0
« Comme la vie est lente
Et comme l’espérance est violente… »

Une ANPE miniature

Pas besoin d’internet, ils avaient mieux : L’association Brin de causette qui les accueillait chaleureusement ces SDF, terme déjà bien discriminatoire pour un « sans domicile fixe ». Que celui qui ne s’y est jamais trouvé une fois dans sa vie leur jette la première pierre.
C’était un lieu de rencontre où ils s’échangeaient des tuyaux et pour parler boulot. Une ANPE miniature.
La plupart étaient employés, ouvriers, magasinier, éboueurs, vendeurs de journaux - ce qui me dit quelque chose !
Tout en étant enregistrés dans le 16e - lieu dit : Village d’Auteuil à Paris, leur lit était souvent la rue ou le bord de la Seine près du Pont Mirabeau, si bien chanté par Guillaume Apollinaire : « Passent les jours, et passent les semaines, les jours s’en vont, je demeure »… Beaucoup en étaient là.

Pour des questions de gros sous, on a fermé il y a peu, la porte de Brin de causette qui dépendait des Orphelins d’Auteuil. Eux étaient orphelins d’un accueil, d’une adresse officielle. De leur vie personnelle on ne savait pour ainsi dire, rien.
Mais l’instinct des minorités les a chaque jour à nouveau rassemblés.

« Vienne la nuit sonne l’heure »… Sans emploi et sans toit

Tout récemment, probablement comme le chantre, dans un moment d’ivresse poétique : l’un d’entre eux, un Français âgé de trente ans, fils dit de grande famille, un laissé pour compte, glissa sur un amas de ces feuilles d’automne accumulées par le vent.
« Vienne la nuit sonne l’heure » : celle qui sonna pour lui fut la dernière et il s’en est allé au fil de l’eau, celle du Pont Mirabeau sans emploi et sans toit.

Pour offrir ses cendres à la Seine, pas besoin de facebook : les copains étaient tous là. Chacun à leur tour plongeant la main dans l’urne pour dédier sa mémoire au fleuve :
« De l’amour qui s’en va comme cette eau courante »…

Combat collectif et quotidien

Si votre définition de « l’Identité nationale » est celle du citoyen attaché aux devises de la République : Liberté, Égalité, Fraternité, pour eux, les frères de misère du disparu, dits SDF : pas besoin d’en avoir le culte. Par la puissante de leur geste, ils en ont démontré le vrai, celui qui vient du cœur et de la solidarité.
Les pays qui réussiront demain sont ceux qui auront compris que la liberté fondamentale, que nous chefs d’entreprise défendrons jusqu’au bout, est un combat collectif et quotidien.

La contribution des Internautes que vous souhaitez, Monsieur le Ministre ?
Puisque vous nous y invitez, voici la mienne : celle de ce vécu, que je viens d’exposer.

Pardon ! J’allais l’oublier. Il n’y a pas que des Français parmi ces SDF que je connais. Pour eux, je me veux aussi l’interprète.

La poésie est un miroir du temps « des éternels regards dont l’onde est parfois lasse ».

« Sous le Pont Mirabeau coule la Seine…
La joie venant toujours après la peine »

Souhaitons leur !

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