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Le travail est-il toujours une valeur essentielle ?


Valeur contraignante ou quasiment sacrée ? « Le travail est une si belle chose que dans l’effort, il y a des gens qui regardent toute la journée les autres décharger les bateaux » - comme le disait un humoriste !
1er mai, fête du travail, journée de revendications des travailleurs.

par Claude BOURG , le 24/04/2009 | Commentaires : 0
À bas le travail, vive le travail
Titre de son émission, d’emblée si je puis dire, Bernard PIVOT m’avait « apostrophée » ! :
- Ce qui m’intéresse : Ce sont vos débuts dans le monde du travail.

Comment devient-on PDG à 20 ans ?

Je lui ai donc raconté mes débuts difficiles à Paris :
La vente des journaux dans la rue avec comme patron, le chef des ventes : Georges Bernier, devenu le Professeur Choron, fidèle et tendre ami trop tôt disparu, pour gagner comme on dit sa vie.
Travailler déjà pour ne pas avoir faim : La faim des villes est la pire solitude du monde. On en a honte. On n’ a pas réussi à entrer dans le jeu des autres, on est un laissé-pour-compte. Alors on redresse la tête, on va droit, on s’efforce de donner le change.

Raconté comment, ce professeur si particulier, m’avait enseigné la psychologie de la vente : Atteindre les objectifs qui nous étaient fixés pour lesquels il fallait beaucoup travailler, afin de gagner plus d’argent et « faire des économies », comme il le recommandait ou plutôt l’exigeait. - Ce journal s’appelait Zéro - précurseur d’Hara-Kiri et de Charlie Hebdo, ajouta Bernard Pivot. (Ah les soirs de bouclage !). N’est-ce pas, François Cavanna ! – déjà de l’équipe Zéro et … tous les autres. Ils ont fait la carrière que l’on sait et moi je suis devenue PGD-créateur d’entreprise !

- Avec très peu d’argent...

Et de lui détailler sou par sou, avec l’argent économisé des journaux, comment mon rêve s’était réalisé.
On n’est pas si bête à 20 ans ! L’audace, le goût du risque, autrement dit peur de rien, permet aussi de franchir l’éternel mur de l’argent sur lequel achoppent souvent toutes les idées bonnes ou mauvaises (et c’est heureux pour les mauvaises, au demeurant !!!)

Le mythe du patron

- Vous dites dans votre livre avoir été obsédée par le mythe du patron.

C’est un mythe presque magique, celui de mon enfance, jusqu’à mon départ pour Paris. Tous les miens me l’ont enseigné à longueur de jeunesse, lui ai-je répondu : je sors d’une famille d’ouvriers dont la vie dépendait de l’usine. Et l’usine dépend du patron.
On me dira que c’est une vision paternaliste, un concept d’un autre âge, que c’était vrai sous Charles X ou sous Napoléon III, mais que ce ne l’est plus aujourd’hui. C’est cependant la réalité que j’ai bien connue. Et même si le syndicalisme en a modifié le contenu, la puissance du mot est bien intacte. Et ceux qui pensent parvenir un jour supprimer tous les « patrons » y sont aussi sensibles que les autres ; seulement la nature de leurs réactions a changé : de docile ou de résignée, elle est devenue contestataire et agressive. Si je ressens viscéralement toute la peine de ceux qui ont perdu leur emploi, je veux leur dire aussi qu’il y a toujours de l’espoir, que d’autres entreprises vont se créer, se développer… La perdre, pour un patron créateur de son entreprise, c’est aussi lui arracher une partie de sa vie… Et de son cœur aussi !
Quant à moi, chaque fois que je penserai plus tard que je suis un patron, j’aurai toujours un peu de mal à y croire et, malgré elle, la gamine de Giromagny continuera à s’en étonner.




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