Plan Très haut débit pour la fibre optique : qui va en bénéficier ?
Le numérique est un axe clé du Grand Emprunt. Le Premier ministre a annoncé les modalités d’investissement des 2 milliards d’euros réservés aux infrastructures numériques.
par Nicolas AUBÉ
, le 09/02/2010
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Est-ce que cela signifie que tous, habitants des villes ou des zones rurales, allons être équipés en fibre optique dans les prochaines années ? Il y a une réelle attente des français, depuis les annonces de certains opérateurs il y a 2 ans… mais aujourd’hui, on ne voit pas arriver la fibre. Les opérateurs jouent la « course à l’escargot ». La réglementation n’est pas encore définie, mais n’est-ce pas un prétexte ? En tant que professionnels du secteur, nous pensons que la logique économique ne permet pas d’apporter la fibre optique à tous les Français, ni par l’investissement privé, ni par l’argent public.
La fibre avant tout pour les entreprises
Il y a un premier malentendu : aujourd’hui, la fibre est déjà présente sur une grande partie du territoire national. Mais elle est « horizontale », c’est à dire qu’elle est présente dans la rue. Elle ne monte pas « verticalement » dans les immeubles.
La fibre optique reste une nécessité pour la France, afin que les entreprises puissent en bénéficier partout sur le territoire. La fibre sera indispensable aux entreprises d’ici quelques années ; c’est déjà un critère d’implantation primordial. Pour une collectivité, la présence d’entreprises sur son territoire n’est-elle pas plus important que de fournir la télévision HD à tous ? C’est donc une très bonne nouvelle que l’état investisse pour le maillage en fibre du territoire national, aux côtés des collectivités et des opérateurs privés qui le font depuis plusieurs années.
La fibre « horizontale » raccorde les grandes entreprises, les centraux téléphoniques, et certaines PME. Depuis quelques mois, on assiste à une hausse très forte de la demande de toutes les entreprises pour s’équiper en fibre, car les besoins sont là : les entreprises sont interconnectées, elles dépendent des réseaux pour leurs relations avec leurs clients, fournisseurs, partenaires, agences, télétravailleurs, etc … La téléphonie passe désormais sur la fibre, tout comme la visioconférence. La virtualisation permet de centraliser les données et les applications sur des sites sécurisés, grâce à la fibre. La révolution numérique des entreprises est en marche ! La fibre optique est devenue un critère d’implantation des entreprises. « Y a-t-il de la fibre sur telle zone d’activité ? Si non, je vais implanter mon entreprise ailleurs ! »
La fibre optique reste une nécessité pour la France, afin que les entreprises puissent en bénéficier partout sur le territoire. La fibre sera indispensable aux entreprises d’ici quelques années ; c’est déjà un critère d’implantation primordial. Pour une collectivité, la présence d’entreprises sur son territoire n’est-elle pas plus important que de fournir la télévision HD à tous ? C’est donc une très bonne nouvelle que l’état investisse pour le maillage en fibre du territoire national, aux côtés des collectivités et des opérateurs privés qui le font depuis plusieurs années.
La fibre « horizontale » raccorde les grandes entreprises, les centraux téléphoniques, et certaines PME. Depuis quelques mois, on assiste à une hausse très forte de la demande de toutes les entreprises pour s’équiper en fibre, car les besoins sont là : les entreprises sont interconnectées, elles dépendent des réseaux pour leurs relations avec leurs clients, fournisseurs, partenaires, agences, télétravailleurs, etc … La téléphonie passe désormais sur la fibre, tout comme la visioconférence. La virtualisation permet de centraliser les données et les applications sur des sites sécurisés, grâce à la fibre. La révolution numérique des entreprises est en marche ! La fibre optique est devenue un critère d’implantation des entreprises. « Y a-t-il de la fibre sur telle zone d’activité ? Si non, je vais implanter mon entreprise ailleurs ! »
Les 3 modèles économiques de la fibre optique
3 types d’infrastructure sont disponibles pour raccorder les entreprises en fibre :
- par le réseau des « PTT »
France Télécom a hérité en 2000 d’un capital très important : le réseau de téléphone (en cuivre), mais aussi les cavités, fourreaux, chambres de raccordement qui sont dans toutes les villes en France. Le résultat est que l’infrastructure de l’opérateur historique permet de fournir de la fibre optique à un grand nombre d’établissements en France, sans travaux de génie civil.
Les opérateurs alternatifs comme CELESTE peuvent utiliser cette infrastructure pour équiper leurs clients, l’autorité de régulation de ce marché (ARCEP) ayant fixé une offre de revente de gros, appelée « collecte ». C’était aussi le cas en 2001 pour l’ADSL, ce qui a permis à des opérateurs comme Free de se lancer sans équiper des millions de foyers en réseau téléphonique. Il est important de noter qu’aujourd’hui l’offre de revente pour la fibre existe pour les offres entreprises, et non pour les offres à destination des particuliers (FTTH).
L’offre fibre optique via France Télécom est disponible dans 7500 communes (sur environ 30 000), c’est donc une grande partie du territoire, plus dans les villes que dans les communes rurales.
- par le réseau des opérateurs alternatifs
- par le réseau des « PTT »
France Télécom a hérité en 2000 d’un capital très important : le réseau de téléphone (en cuivre), mais aussi les cavités, fourreaux, chambres de raccordement qui sont dans toutes les villes en France. Le résultat est que l’infrastructure de l’opérateur historique permet de fournir de la fibre optique à un grand nombre d’établissements en France, sans travaux de génie civil.
Les opérateurs alternatifs comme CELESTE peuvent utiliser cette infrastructure pour équiper leurs clients, l’autorité de régulation de ce marché (ARCEP) ayant fixé une offre de revente de gros, appelée « collecte ». C’était aussi le cas en 2001 pour l’ADSL, ce qui a permis à des opérateurs comme Free de se lancer sans équiper des millions de foyers en réseau téléphonique. Il est important de noter qu’aujourd’hui l’offre de revente pour la fibre existe pour les offres entreprises, et non pour les offres à destination des particuliers (FTTH).
L’offre fibre optique via France Télécom est disponible dans 7500 communes (sur environ 30 000), c’est donc une grande partie du territoire, plus dans les villes que dans les communes rurales.
- par le réseau des opérateurs alternatifs
Des opérateurs privés ont investi sur les zones dites « rentables », c’est à dire les grandes villes. Ils peuvent fournir en direct de la fibre optique aux entreprises situées à proximité. Dans ce cas, le marché est assez captif car pour passer à la concurrence, le client doit généralement faire réaliser une seconde adduction. Les opérateurs peuvent ouvrir leur réseau à d’autres opérateurs concurrents, ou non, suivant leurs accords commerciaux. Ils n’y sont pas tenus par la réglementation. Certains opérateurs sont en difficulté financière, et ne sont pas en mesure d’investir dans une nouvelle infrastructure.
- par les réseaux publics
On a vu apparaître une nouvelle forme d’acteurs depuis quelques années : les réseaux ouverts d’initiative publique. Il s’agit généralement de collectivités qui estimaient que l’offre en haut débit ou très haut débit sur leur territoire n’était pas suffisante, et qui ont investi dans la construction de leur infrastructure. Ces projets sont souvent construits en partenariat avec un acteur privé, dans le cadre notamment de délégation de service public, comme pour les réseaux d’eau par exemple. Ces acteurs privés sont généralement des entreprises de travaux publics, ou des opérateurs eux-mêmes.
Un principe fondateur de ces réseaux est la neutralité ; c’est à dire qu’ils sont ouverts à tous les opérateurs. Lorsqu’un client souscrit via un opérateur, celui-ci sous-traite le raccordement à la délégation de service public. Au terme du contrat, le client peut changer d’opérateur et conserver son raccordement.
Une quarantaine de départements sont équipés avec des infrastructures de fibre optique d’initiative publique. L’investissement a été de 3 milliards d’euros, dont 50% proviennent de subventions publiques. Les collectivités qui ont fait le pas sont souvent des départements ruraux, mais pas toujours.
L’offre des réseaux d’initiative publique permet souvent aux opérateurs d’équiper les entreprises avec des conditions favorables, même si les tarifs de raccordement pratiqués par les délégataires sont parfois opaques et mériteraient d’être mieux encadrés par les pouvoirs publics. En effet, les intérêts des actionnaires des délégataires, entreprises de travaux publics ou opérateurs privés, sont parfois en contradiction avec les missions de service public. C’est le rôle du délégant de faire respecter le contrat de concession.
Ceci dit, la présence des réseaux publics est un vrai succès dans de nombreux cas. Ces réseaux permettent à des territoires d’être plus attractifs pour les entreprises. Les zones d’activité en périphérie des villes sont souvent loin des centraux téléphoniques, et ont une mauvaise éligibilité en ADSL ou SDSL (le grand frère de l’ADSL, qui a l’avantage de proposer un débit garanti et d’être réalisable sur plusieurs paires de cuivre). La fibre résout donc la fracture numérique pour les entreprises, et remet dans la course des zones isolées.
La rentabilité de ces réseaux n’est pas immédiate, elle se fait sur le long terme, et elle se calcule plus en termes d’emplois qu’en termes de bénéfices sur l’activité de télécommunication.
- par les réseaux publics
On a vu apparaître une nouvelle forme d’acteurs depuis quelques années : les réseaux ouverts d’initiative publique. Il s’agit généralement de collectivités qui estimaient que l’offre en haut débit ou très haut débit sur leur territoire n’était pas suffisante, et qui ont investi dans la construction de leur infrastructure. Ces projets sont souvent construits en partenariat avec un acteur privé, dans le cadre notamment de délégation de service public, comme pour les réseaux d’eau par exemple. Ces acteurs privés sont généralement des entreprises de travaux publics, ou des opérateurs eux-mêmes.
Un principe fondateur de ces réseaux est la neutralité ; c’est à dire qu’ils sont ouverts à tous les opérateurs. Lorsqu’un client souscrit via un opérateur, celui-ci sous-traite le raccordement à la délégation de service public. Au terme du contrat, le client peut changer d’opérateur et conserver son raccordement.
Une quarantaine de départements sont équipés avec des infrastructures de fibre optique d’initiative publique. L’investissement a été de 3 milliards d’euros, dont 50% proviennent de subventions publiques. Les collectivités qui ont fait le pas sont souvent des départements ruraux, mais pas toujours.
L’offre des réseaux d’initiative publique permet souvent aux opérateurs d’équiper les entreprises avec des conditions favorables, même si les tarifs de raccordement pratiqués par les délégataires sont parfois opaques et mériteraient d’être mieux encadrés par les pouvoirs publics. En effet, les intérêts des actionnaires des délégataires, entreprises de travaux publics ou opérateurs privés, sont parfois en contradiction avec les missions de service public. C’est le rôle du délégant de faire respecter le contrat de concession.
Ceci dit, la présence des réseaux publics est un vrai succès dans de nombreux cas. Ces réseaux permettent à des territoires d’être plus attractifs pour les entreprises. Les zones d’activité en périphérie des villes sont souvent loin des centraux téléphoniques, et ont une mauvaise éligibilité en ADSL ou SDSL (le grand frère de l’ADSL, qui a l’avantage de proposer un débit garanti et d’être réalisable sur plusieurs paires de cuivre). La fibre résout donc la fracture numérique pour les entreprises, et remet dans la course des zones isolées.
La rentabilité de ces réseaux n’est pas immédiate, elle se fait sur le long terme, et elle se calcule plus en termes d’emplois qu’en termes de bénéfices sur l’activité de télécommunication.
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