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Apprentissage et motivation : l’union sacrée !


Education, formation professionnelle, e-learning

par Benjamin LEVY , le 21/10/2010 | Commentaires : 0
A l’heure où le gouvernement dit vouloir favoriser l’usage du numérique dans les écoles (cf rapport sur la promotion des nouvelles technologies à l’école février 2010), le débat semble davantage focalisé sur les ressources -humaines, pédagogiques, technologiques- d’un bon apprentissage que sur l’étudiant lui-même. Un nombre croissant d’acteurs de ce grand domaine de l’éducation fondent leurs approches pédagogiques sur la motivation de l’étudiant, qu’ils considèrent comme le meilleur gage d’efficacité de l’apprentissage. La motivation stimule l’attention, l’assiduité, favorise la mémorisation et la pérennisation des acquis. Dans son livre ’To Want To Learn’, Jackson Kytle, docteur en psychologie sociale de l’université de Columbia à New-York, analyse ces liens étroits entre apprentissage et motivation sous un angle psychologique. Kytle attire l’attention sur deux grandes formes de motivation, qu’il estime indispensables à un apprentissage réussi : l’engagement social et l’implication psychologique.
L’engagement social fait référence à toutes les formes de profond engagement personnel dans une vie, comme par exemple le mariage, la conviction politique, religieuse, progresser dans la pratique d’un sport, la recherche d’un meilleur job, ou encore l’envie d’apprendre. En France, la législation sur la formation professionnelle impose aux entreprises de financer la montée en compétences des salariés. Cette disposition, assez unique dans le monde, est cohérente : la formation bénéficie autant à l’entreprise qu’au salarié lui-même, il est normal que l’entreprise la favorise. Mais en donnant l’initiative de la formation à l’employeur plutôt qu’à l’individu, favorise-t-on l’engagement social de ce dernier ? A l’étranger, les formations professionnelles générales ’non métiers’, comme la formation à l’anglais par exemple, sont à l’initiative de l’individu et non de son employeur. Conséquence : les problèmes d’assiduité, et en aval d’efficacité des formations, y sont moindres. L’engagement social décrit par Kytle est présent, et joue son rôle. L’apprentissage, financé ou non par l’entreprise, a besoin de l’envie d’apprendre.
L’implication psychologique est décrite dans le livre comme un ’état d’attention soutenue, focalisée et accompagnée d’une humeur élevée’. En d’autres termes : être ’dedans’, et prendre plaisir ! "Rester motivé face à la distraction et la fatigue est un challenge quotidien" nous explique Kytle avec bon sens. La grande majorité des situations d’apprentissage ignore hélas complètement cette (in)capacité de l’esprit humain à rester concentré. "Un emploi du temps universitaire suppose, implicitement et incorrectement, que chaque heure de la journée apporte la même énergie, atmosphère et attention à la fois aux élèves et aux professeurs" commente Kytle. "Les valeurs financières supplantent les valeurs éducatives dans les discussions sur l’éducation contemporaine", poursuit l’auteur. Il ne suffit donc pas de permettre l’accès à l’école, aux formations, aux ressources pédagogiques, il faut en plus s’adapter à la capacité de l’étudiant à rester concentré et motivé. Or cette capacité est limitée, la nature humaine étant ainsi faite.



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