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Et si les IFRS m’étaient contées… Point d’attention pour la clôture des comptes 2008


Les normes comptables internationales IFRS auraient pu s’appeler Intellectuellement Franchement Rebutantes et Subtiles, aux dires de certains.

par Christophe VELUT , le 19/03/2009 | Commentaires : 0
En ces temps difficiles, nombreux sont les détracteurs qui reprochent aux IFRS d’avoir amplifié les impacts de la crise (effet « procyclique »).

Si l’on met de côté les banques et les assurances, il est vrai que plus de stabilité dans le référentiel comptable serait salutaire, et que certains points du référentiel ne sont pas très cohérents sur le plan économique : interdiction de reprendre les dépréciations du goodwill, interdiction de reprendre en résultat les dépréciations sur certains titres, calcul de la juste valeur du portefeuille de valeurs mobilières par rapport au seul cours de clôture, constatation de charges au titre des stock-options, alors que le seul impact est la dilution des actionnaires…

Il ne faut cependant pas oublier que la complexité des normes IFRS est souvent due à la très forte créativité en amont des structures d’ingénierie financière : c’est la complexité de certains montages (montages déconsolidants, incentive plans, opérations de couverture…) qui rend ardu leur traitement comptable.

N’oublions pas non plus que les critères stricts définis pas les normes IFRS ont amené depuis 2005 de nombreuses sociétés cotées à se tenir à l’écart de produits dits « toxiques », d’instruments de couverture aux noms exotiques, de montages déconsolidants « agressifs » qui ne répondaient pas à ces critères. Elles ont permis également plus de rigueur dans l’évaluation de certains actifs dits « sensibles », comme les goodwills, au-delà du « coup de cœur du PDG ».

L’effet de levier constaté est un effet inhérent à toute situation de crise : les comptes intègrent le double impact des pertes d’exploitation et des dépréciations sur les actifs.

Dans le contexte actuel, les points d’attention pour la clôture des comptes 2008 seront plus nombreux que d’habitude :
- dépréciation des actifs (incorporels, financiers, impôts différés…),
- incertitudes plus importantes que les années précédentes (prévisions…),
- risque de crédit (clients…) et de contrepartie,
- risques de liquidité (difficultés d’obtenir des financements…),
- calcul des engagements de retraite, dans le contexte des lois Fillon et de l’accord national interprofessionnel,
- plans de restructurations / évènements inhabituels,
- prise en compte des évènements postérieurs à la clôture…

… et dans certains cas, les sociétés pourront être amenées à expliciter les éléments pris en compte pour justifier l’application du principe de continuité d’exploitation.

L’établissement des comptes, la rédaction des annexes et la communication seront donc des tâches encore plus complexes que d’habitude. Les équipes auront donc besoin de toute leur énergie et leur courage pour relever les défis de la clôture 2008 et de l’année 2009.

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