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Le manager en action dans la crise


Partout l’on voit fleurir des remèdes anti-crise, rapidement efficaces. Nous soutenons pour notre part que le malaise est profond et qu’il devient urgent d’enseigner et d’apprendre à manager différemment. Le texte qui va suivre présente l’idée que l’enseignement du management doit changer d’axe.

par Denis CRISTOL , le 14/04/2009 | Commentaires : 0
La vision commune que l’on se fait de l’apprentissage d’un manager à partir de méthodes traditionnelles comme l’étude de cas, les jeux de rôles ou la mémorisation de techniques et d’outils de gestion rend mal compte d’un fait essentiel le manager est toujours en situation et en action. La crise actuelle nous le rappelle. Le maintien d’une approche limitante de l’apprentissage du manager est certainement lié à un paradigme positiviste persistant lointain héritage de Descartes qui laisse penser à un découpage des problèmes et une illusion de maîtrise des situations qu’il suffirait d’analyser avant d’appliquer la bonne méthode. Cette vision tend à survaloriser la technique, le capital académique accumulé indépendamment de son utilisateur ou de la situation.

Cessons de séparer la connaissance et l’être

La réalité est un peu différente, les faits sont rares et coûteux à acquérir, les situations résistent et les hommes varient. L’activité des managers est particulièrement morcelée et le sens de l’action est difficile à appréhender pour un observateur externe. Lorsque les managers sont observés de façon ethnographique et que l’on cherche à expliciter ce qui fonde leur action, force est de constater que le métier qu’ils exercent consiste à actualiser en permanence des situations, à les potentialiser, les hiérarchiser, à se référer à une représentation d’ensemble de l’organisation à conduire. L’enjeu d’un manager serait de tenter d’orienter un collectif vers un but. Pour ce faire, les managers détiendraient simultanément un portefeuille d’expérience, un portefeuille de situations-problèmes et un portefeuille de solutions acceptables par l’organisation dans laquelle ils évoluent. Dés lors manager consisterait à enrichir et combiner ces trois portefeuilles sans cesse changeants. Le travail de manager en situation de crise consisterait à recomposer en permanence les éléments du système selon une recherche d’équilibre en direction d’une finalité productive économique mais aussi sociale. C’est ici que le concept d’énaction intervient. L’énaction se propose de repartir du constat qu’un manager est toujours lié à une situation. L’énaction questionne donc la personne en situation. L’énaction souligne l’indissociabilité de l’être et du monde. Si le manager a pu être décrit comme un décideur neutre et rationnel, parfois comme un praticien réflexif, le manager énactif met l’accent sur l’agir et la dimension indissociable du manager et de la situation. Autrement dit le manager fait corps à l’action. Plusieurs concepts sont mobilisés pour explicités la théorie de l’énaction le fait d’« être-en-situation-de… », la mobilisation d’un réseau d’action virtuelle, la relationnalité, la marge de manœuvre, et la disponibilité mentale. Le concept « être en situation de … » accrédite l’idée du lien indissociable entre action et cognition apprendre ou connaître.



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News 08/02/10