Patrons de PME : pensez à l’assurance « dis »crédit
La médiation du Crédit animée par René Ricol, les partenaires sociaux comme la CGPME et le Premier ministre ont rapidement réagit lorsque les patrons d’entreprise, déjà mis devant le fait accomplit par des banques parcimonieuses en ligne de crédit et de trésorerie, se sont vus doublement affectés par une mauvaise notation de la part des acteurs de l’assurance crédit. Au tarissement des financements à court terme il fallait de surcroît subir une double peine, et voir ses fournisseurs refuser de livrer au prétexte d’une obscure notation des assureurs crédit. Il n’en fallait pas plus pour exacerber un ressentiment déjà important à l’encontre de certains groupes se décrivant aux dires de leurs services de communication et de marketing comme des partenaires des entrepreneurs.
par Jacky ISABELLO
, le 29/06/2009
| Commentaires : 1
L’assurance crédit est tout aussi essentielle que l’activité bancaire au bon fonctionnement de la vie économique. Lorsque la banque réduit ses découverts autorisés et autres moyens de financer le court terme l’entreprise réduit son train de vie, pour résumer simplement. Mais lorsque elle apprend que sa cotation est brutalement dégradée par l’assureur crédit elle ne peut plus acheter à ses fournisseurs et donc produire. Refuser à un être humain de respirer serait la seule métaphore objective pour expliquer l’impact inique de cette sanction.
Les pouvoirs publics ont dès lors mis en place des outils de soutien CAP et CAP+ assumant une partie du risque en complément de l’assureur crédit. Les partenaires sociaux et plus particulièrement la CGPME ont réclamé et obtenu que la cotation d’une entreprise soit connue d’elle sur simple demande.
Dès maintenant, le contexte posé, je vais vous conter ma triste expérience d’avoir voulu glisser mon nez fureteur dans les fiches des assureurs crédit et comment j’ai reçu en retour, tel l’élève indiscipliné, la gifle du dédain, celle, dans le secret de leur chambre de notation, du peu de crédit qu’il m’accorde si j’osais le jeu de mot.
Début juin 2009, c’est à grand renfort de communication que la société Euler Hermes Sfac, filiale du groupe international Allianz, a réagit dans les premières aux injonctions des représentants des entreprises et ouvert un site sur lequel tout entrepreneur peut découvrir la confiance qu’il inspire à ses fournisseurs. Après une procédure très professionnelle gage que n’importe qui ne pourra pas connaître ma note, j’ai reçu le fameux sésame pour consulter la notation tant décriée ces dernières semaines par l’ensemble de la classe économique française.
Pour mieux cerner ce qui suit, en brève synthèse de ma vie d’entrepreneur, je dirige une agence de services aux entreprises, 7 collaborateurs, aucun endettement, une trésorerie saine alimentant quelques produits financiers. 11 années d’existence, aucun incident bancaire, une structure de clientèle sans risque majeur, 11 années chanceuses sans déficit, des réserves légales au plus haut et une rentabilité souvent à deux chiffres bien qu’aux confins de l’insolence des secteurs furieusement en croissance. Pour faire laconique comme le fait avec talent mon expert-comptable : « une gestion de bon père de famille ». Brûlez-vous d’envie de savoir l’honorabilité économique qui m’est accordé par ce géant de l’information financière ? Suspens. Le classement s’effectue sur une échelle de 1 à 10. 1 qualifie dans leur graduation, les entreprises dont la situation est dite exceptionnelle, 10 les défaillantes. Gargarisé par des chiffres sans prétention excessive mais pour le moins sérieux et en tant que spécialiste des statistiques des entreprises je sais que ma société compte au rang des 10% d’entreprises en France au delà de la barre des 5 personnes. Pour mémoire, seules 1000 entreprises en France emploient plus de 1000 collaborateurs. Lorsque la page du serveur sécurisé s’affiche, c’est la douche froide. Cet immense assureur me gratifie d’un 6, c’est-à-dire niveau moyen juste au dessus de fragile. Le plus « discréditant » pour ne pas dire déshonorant sera : « Encours garantis portés par Euler Hermes SFAC sur votre entreprise : inférieur à 5.000 Euros ». 5 000 euros c’est un dixième de mon Besoin en Fonds de Roulement mensuel, de ces besoins de trésorerie pour payer salaires, achats et autres charges. S’il me venait à l’idée de remplacer l’informatique de l’entreprise, mon fournisseur pourrait me demander de payer « au cul du camion » pour user d’un jargon en cours dans la grande distribution. Je n’ai de mot pour conclure. Voila tout le crédit qu’accorde les grands financeurs aux soutiers de l’économie française, à ceux dont la seule fonction consistent à payer des agios et subir les affronts des refus de financement. Celui ou celle en quête de réponses au faible nombre d’entreprises françaises devenant des ETI, ces Entreprises de Taille Intermédiaire, peut en noter une dans sa colonne explication.
Les pouvoirs publics ont dès lors mis en place des outils de soutien CAP et CAP+ assumant une partie du risque en complément de l’assureur crédit. Les partenaires sociaux et plus particulièrement la CGPME ont réclamé et obtenu que la cotation d’une entreprise soit connue d’elle sur simple demande.
Dès maintenant, le contexte posé, je vais vous conter ma triste expérience d’avoir voulu glisser mon nez fureteur dans les fiches des assureurs crédit et comment j’ai reçu en retour, tel l’élève indiscipliné, la gifle du dédain, celle, dans le secret de leur chambre de notation, du peu de crédit qu’il m’accorde si j’osais le jeu de mot.
Début juin 2009, c’est à grand renfort de communication que la société Euler Hermes Sfac, filiale du groupe international Allianz, a réagit dans les premières aux injonctions des représentants des entreprises et ouvert un site sur lequel tout entrepreneur peut découvrir la confiance qu’il inspire à ses fournisseurs. Après une procédure très professionnelle gage que n’importe qui ne pourra pas connaître ma note, j’ai reçu le fameux sésame pour consulter la notation tant décriée ces dernières semaines par l’ensemble de la classe économique française.
Pour mieux cerner ce qui suit, en brève synthèse de ma vie d’entrepreneur, je dirige une agence de services aux entreprises, 7 collaborateurs, aucun endettement, une trésorerie saine alimentant quelques produits financiers. 11 années d’existence, aucun incident bancaire, une structure de clientèle sans risque majeur, 11 années chanceuses sans déficit, des réserves légales au plus haut et une rentabilité souvent à deux chiffres bien qu’aux confins de l’insolence des secteurs furieusement en croissance. Pour faire laconique comme le fait avec talent mon expert-comptable : « une gestion de bon père de famille ». Brûlez-vous d’envie de savoir l’honorabilité économique qui m’est accordé par ce géant de l’information financière ? Suspens. Le classement s’effectue sur une échelle de 1 à 10. 1 qualifie dans leur graduation, les entreprises dont la situation est dite exceptionnelle, 10 les défaillantes. Gargarisé par des chiffres sans prétention excessive mais pour le moins sérieux et en tant que spécialiste des statistiques des entreprises je sais que ma société compte au rang des 10% d’entreprises en France au delà de la barre des 5 personnes. Pour mémoire, seules 1000 entreprises en France emploient plus de 1000 collaborateurs. Lorsque la page du serveur sécurisé s’affiche, c’est la douche froide. Cet immense assureur me gratifie d’un 6, c’est-à-dire niveau moyen juste au dessus de fragile. Le plus « discréditant » pour ne pas dire déshonorant sera : « Encours garantis portés par Euler Hermes SFAC sur votre entreprise : inférieur à 5.000 Euros ». 5 000 euros c’est un dixième de mon Besoin en Fonds de Roulement mensuel, de ces besoins de trésorerie pour payer salaires, achats et autres charges. S’il me venait à l’idée de remplacer l’informatique de l’entreprise, mon fournisseur pourrait me demander de payer « au cul du camion » pour user d’un jargon en cours dans la grande distribution. Je n’ai de mot pour conclure. Voila tout le crédit qu’accorde les grands financeurs aux soutiers de l’économie française, à ceux dont la seule fonction consistent à payer des agios et subir les affronts des refus de financement. Celui ou celle en quête de réponses au faible nombre d’entreprises françaises devenant des ETI, ces Entreprises de Taille Intermédiaire, peut en noter une dans sa colonne explication.
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