Patrons… Parlez !
Il ne fait pas bon être patron ces temps-ci en France. Les patrons et « le » patronat sont devenus des boucs émissaires commodes de la crise. Ils aimantent la colère et le ressentiment de ceux qui perdent leur emploi, de ceux qui ont très peur de le perdre, ou désespèrent de ne pas en trouver un.
par Jacques GAUTRAND
, le 07/05/2009
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Pourtant, les entreprises et leurs dirigeants sont aussi des victimes collatérales de la crise financière. Est-il besoin de rappeler que ce ne sont pas les acteurs de l’économie productive (l’économie « réelle » par opposition à la « virtuelle » nébuleuse Finance) qui ont allumé la mèche de la déflagration générale. Mais plutôt quelques opérateurs financiers, mus autant par la cupidité que par l’irresponsabilité. Et le suivisme aveugle de beaucoup…
Il n’empêche, les excès, les méfaits, les erreurs, l’avidité et l’absence de scrupules de quelques-uns rejaillissent sur l’ensemble de la classe dirigeante.
Ajouté à cela, le comportement incompréhensible d’une poignée de dirigeants (certains issus de la haute fonction publique !) qui ne craignent pas de s’octroyer, en pleine débâcle, des rémunérations extravagantes…
Conséquence : la crise a discrédité toute parole d’autorité. Face aux difficultés économiques et aux drames sociaux, la parole des dirigeants en particulier, comme celle des élites en général, suscite la méfiance, sinon le rejet d’une partie de l’opinion publique.
Comme si l’opinion faisait grief aux élites dirigeantes de n’avoir pas su anticiper la crise et d’être incapables d’y porter remède…
Le divorce entre l’entreprise et le citoyen ne cesse de se creuser…
Mais où sont passés les patrons ?
On a l’impression que les grands patrons se sont fait tout petits. Qu’ils ne se bousculent pas pour monter au créneau, pour aller défendre la cause de l’entreprise et de l’économie de marché…
Est-ce la faute aux médias qui ne leur donnent pas suffisamment la parole, tendant plus facilement leurs micros vers des salariés en grève ou en colère ?
Les patrons des groupes aux marques emblématiques, préfèrent-ils faire le gros dos sous l’orage, adopter un profil bas en laissant, soulagés, l’estrade à leurs représentants institutionnels ?
Dans la tempête, on aimerait entendre davantage de capitaines (d’industrie).
Quant à la cohorte des millions de dirigeants de TPE-PME, tous ceux qui ont mis leur argent dans leur entreprise, ont souvent gagé leurs biens propres, c’est une armée de l’ombre : ils n’ont guère accès aux grands canaux de communication.
Pourtant, dans le moment critique que nous vivons, avec de fortes tensions sociales, et des expressions parfois très violentes, la voix des entrepreneurs doit se faire entendre. Même s’ils considèrent que leur priorité est de surmonter la crise dans leur secteur d’activité, et d’éviter que leur entreprise ne fasse faillite…Il est tout aussi indispensable qu’ils témoignent pour défendre la cause de la libre entreprise, sans laquelle il n’y a ni richesse produite, ni emplois, ni inventions –nouveaux produits et nouveaux services - ni progrès social.
Le dirigeant, comme responsable au sens étymologique (c.à.d. celui qui répond de ses actes), a plus que jamais un devoir de pédagogie. Vis-à-vis de ses collaborateurs, de toutes les « parties prenantes » de l’entreprise, mais aussi à l’égard de la société. Ni donneurs de leçons, ni bonimenteur, ni superman, il doit tenir un langage de vérité, en renonçant à la "langue de bois" managériale. Etre le garant des comptes, rendre des comptes, certes ! mais aussi et surtout donner du sens à l’économie.
Le chef d’entreprise se doit aujourd’hui d’être entrepreneur ET pédagogue. Expliquer, expliquer sans relâche ce qu’il fait, pourquoi il le fait et pour qui.
Il n’y aura pas de sortie de crise sans dialogue. Dialogue social dans chaque entreprise mais aussi dialogue dans l’espace public. La voix des entrepreneurs doit être portée sur la place publique. Car l’entreprise est devenue un maillon central du lien social.
Patrons, parlez ! Autour de vous et aussi dans la cité : n’ayez pas peur de participer aux débats de société. Ayez le courage de dire votre vérité, même si votre discours a du mal à se faire entendre. Parlez, écoutez, dialoguez !
Parlez, en vous inspirant de l’injonction du poète Louis-René Des Forêts : « Dire et redire encore, redire autant de fois que la redite s’impose, tel est notre devoir qui use le meilleur de nos forces et ne prendra fin qu’avec elles. »
Il n’empêche, les excès, les méfaits, les erreurs, l’avidité et l’absence de scrupules de quelques-uns rejaillissent sur l’ensemble de la classe dirigeante.
Ajouté à cela, le comportement incompréhensible d’une poignée de dirigeants (certains issus de la haute fonction publique !) qui ne craignent pas de s’octroyer, en pleine débâcle, des rémunérations extravagantes…
Conséquence : la crise a discrédité toute parole d’autorité. Face aux difficultés économiques et aux drames sociaux, la parole des dirigeants en particulier, comme celle des élites en général, suscite la méfiance, sinon le rejet d’une partie de l’opinion publique.
Comme si l’opinion faisait grief aux élites dirigeantes de n’avoir pas su anticiper la crise et d’être incapables d’y porter remède…
Le divorce entre l’entreprise et le citoyen ne cesse de se creuser…
Mais où sont passés les patrons ?
On a l’impression que les grands patrons se sont fait tout petits. Qu’ils ne se bousculent pas pour monter au créneau, pour aller défendre la cause de l’entreprise et de l’économie de marché…
Est-ce la faute aux médias qui ne leur donnent pas suffisamment la parole, tendant plus facilement leurs micros vers des salariés en grève ou en colère ?
Les patrons des groupes aux marques emblématiques, préfèrent-ils faire le gros dos sous l’orage, adopter un profil bas en laissant, soulagés, l’estrade à leurs représentants institutionnels ?
Dans la tempête, on aimerait entendre davantage de capitaines (d’industrie).
Quant à la cohorte des millions de dirigeants de TPE-PME, tous ceux qui ont mis leur argent dans leur entreprise, ont souvent gagé leurs biens propres, c’est une armée de l’ombre : ils n’ont guère accès aux grands canaux de communication.
Pourtant, dans le moment critique que nous vivons, avec de fortes tensions sociales, et des expressions parfois très violentes, la voix des entrepreneurs doit se faire entendre. Même s’ils considèrent que leur priorité est de surmonter la crise dans leur secteur d’activité, et d’éviter que leur entreprise ne fasse faillite…Il est tout aussi indispensable qu’ils témoignent pour défendre la cause de la libre entreprise, sans laquelle il n’y a ni richesse produite, ni emplois, ni inventions –nouveaux produits et nouveaux services - ni progrès social.
Le dirigeant, comme responsable au sens étymologique (c.à.d. celui qui répond de ses actes), a plus que jamais un devoir de pédagogie. Vis-à-vis de ses collaborateurs, de toutes les « parties prenantes » de l’entreprise, mais aussi à l’égard de la société. Ni donneurs de leçons, ni bonimenteur, ni superman, il doit tenir un langage de vérité, en renonçant à la "langue de bois" managériale. Etre le garant des comptes, rendre des comptes, certes ! mais aussi et surtout donner du sens à l’économie.
Le chef d’entreprise se doit aujourd’hui d’être entrepreneur ET pédagogue. Expliquer, expliquer sans relâche ce qu’il fait, pourquoi il le fait et pour qui.
Il n’y aura pas de sortie de crise sans dialogue. Dialogue social dans chaque entreprise mais aussi dialogue dans l’espace public. La voix des entrepreneurs doit être portée sur la place publique. Car l’entreprise est devenue un maillon central du lien social.
Patrons, parlez ! Autour de vous et aussi dans la cité : n’ayez pas peur de participer aux débats de société. Ayez le courage de dire votre vérité, même si votre discours a du mal à se faire entendre. Parlez, écoutez, dialoguez !
Parlez, en vous inspirant de l’injonction du poète Louis-René Des Forêts : « Dire et redire encore, redire autant de fois que la redite s’impose, tel est notre devoir qui use le meilleur de nos forces et ne prendra fin qu’avec elles. »
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