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Réconcilier l’entreprise et le citoyen : indispensable à la sortie de crise !


Subprimes, stock-options, bonus, plans sociaux, Madoff, parachutes dorés, paradis fiscaux, licenciements, surendettement … tout est bon aujourd’hui pour jeter l’économie de marché dans le caniveau, avec l’eau trouble de la finance internationale...
Des années d’effort pour réconcilier le grand public et l’entreprise semblent réduites à néant, à la grande satisfaction des anticapitalistes qui pavanent devant le retour en force de l’État Providence.

par Jacques GAUTRAND , le 02/04/2009 | Commentaires : 0
On avait pu penser que l’immense succès d’opinion d’un livre comme « L’horreur économique » de Viviane Forrester (1996 – treize ans déjà !) était dû à un malentendu, à un déficit de communication de la part des vrais entrepreneurs, à une poussée de fièvre passagère des nostalgiques de Mai 68...

Il faut se rendre à l’évidence : en France, les défenseurs de l’économie de marché et de la liberté d’entreprendre se font tout discrets ou leur discours est difficilement audible par le grand public. Auprès des jeunes, l’entreprise apparaît comme un monstre froid, impitoyable, et les candidatures à la fonction publique explosent…

C’est pourquoi je crois utile de rappeler quelques points, en faisant davantage appel au bon sens qu’au parti pris :
- La crise actuelle a pour origine le dévoiement d’instruments financiers spéculatifs, détournés de leur fonction initiale, ou utilisés de façon totalement irresponsable.
- Les instances et mécanismes de régulation institutionnels ou étatiques existants, soit ont été contournés, soit se sont révélés inadaptés ou inopérants.
- Le capitalisme est la mise en commun de capitaux pour créer plus de richesses qu’on n’en consomme.
- La principale source de création de richesses et d’emplois dans le monde est l’entreprise.
- C’est dans les pays où la liberté d’entreprendre est la plus grande que la création de richesses a été la plus forte au cours des décennies passées.
- Qu’est-ce que la libre entreprise ? C’est la mise en commun de ressources que sont les capitaux, le travail et les talents (intelligence, innovation, imagination, services…).
- De la combinaison judicieuse et responsable de ces ressources découle la création de richesse. Le contraire étant la faillite, c’est-à-dire la destruction de richesse.

Quelles leçons doit-on tirer de la crise actuelle ?

1. L’entreprise a besoin de capitaux pour exister, même si elle ne saurait se réduire à une assemblée d’actionnaires. Leur apport en numéraire est indispensable au démarrage de toute activité. C’est ce que l’on appelle les fonds propres.
La spéculation financière a prospéré sur l’insuffisance de fonds propres ou sur la « création » de fonds propres en trompe l’œil...
2. Dans beaucoup d’opérations calamiteuses que l’actualité a révélées, ce sont précisément des stratégies d’achat à découvert, des effets de levier inconsidérés et un endettement démesuré qui ont conduit au désastre. Rappelons que ces stratégies hautement spéculatives étaient dénoncées depuis longtemps par d’éminents économistes. (voir notre article « spéculations » sur www.consulendo.com).
3. Endettés, les Etats ne pourront jamais remplacer la cohorte des « petits porteurs » de la société civile, ni l’inventivité et le foisonnement des initiatives individuelles pour créer de nouveaux produits, de nouveaux services, des innovations qui améliorent la vie.
4. L’économie de marché et la libre entreprise ont besoin d’un État régulateur et arbitre, impartial et garant de l’intérêt général.
5. Il faut sortir de la pensée-réflexe et des stéréotypes rabâchés : réduire l’entreprise à une association de capitaux et son objectif à la maximisation du profit a été une erreur fatale. Malheureusement souvent colportée par les défenseurs de la libre entreprise eux-mêmes...
6. L’entreprise est d’abord une communauté de personnes qui conjuguent leurs compétences et leurs savoirs pour répondre à des besoins. Comme dans un orchestre, tout le monde est important : du pianiste au joueur de triangle, chacun a une partition à jouer. La performance globale dépend de l’accord général (qualité des relations interpersonnelles, bonne ambiance) et du talent du chef d’orchestre.
7. L’entreprise n’est pas une cellule isolée dans la société. Elle est ancrée dans un territoire ; elle est liée à un ensemble de « parties prenantes » : clients, fournisseurs, riverains, élus, associations, médias… L’entreprise ne doit pas les ignorer, mais prendre en compte leurs points de vue, leurs attentes, leurs critiques, inquiétudes ou préventions : « faire avec » et non pas « faire contre ».

Les problèmes de société ne restent pas à la porte des entreprises. De même que les sujets de l’entreprise sont devenus des enjeux de société.



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