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La LOPPSI 2 : lutte contre la cybercriminalité


La LOPPSI 2, Loi d’Orientation et de Programmation pour la Performance de la Sécurité Intérieure, a été présentée en Conseil des Ministres le 27 mai 2009 par Madame Michèle Alliot-Marie, alors Ministre de l’Intérieur. L’examen du projet de loi est toutefois reporté à 2010 : Monsieur Brice Hortefeux, nouveau Ministre de l’Intérieur, souhaite en effet revoir le texte du projet de loi, qui crée déjà la polémique, en insistant sur son volet prévention.
Dans la lignée de la loi DADVSI, et de la très controversée loi « Création et Internet », la LOPPSI 2 entend notamment accroître la réglementation dans le domaine d’Internet, par la mise en place de mesures destinées à lutter contre la cybercriminalité.

par Julie JACOB , le 25/09/2009 | Commentaires : 0

L’autorisation de captation des données numériques à distance

Dans la lignée de la mesure prévue pour fin 2009 qui consiste à augmenter le nombre d’enquêteurs affectés à la lutte contre les crimes et délits liés aux nouvelles technologies, l’article 23 de la LOPPSI 2 autoriserait l’utilisation d’un nouveau moyen d’investigation en la matière : la captation à distance de données numériques.
Il s’agirait d’installer, à l’insu des intéressés, des dispositifs destinés à capter, enregistrer, conserver et transmettre les caractères saisis au clavier par un utilisateur et les contenus affichés sur l’écran de son ordinateur. Les conditions de captation seraient strictement encadrées : autorisation préalable du juge d’instruction, délivrance d’une commission rogatoire, durée limitée (quatre mois renouvelable une fois). En outre, une telle captation ne pourrait intervenir que dans le cadre d’une information menée pour des délits ou crimes graves (terrorisme, pédophilie, meurtre, torture, trafic d’armes et de stupéfiants, enlèvement, par exemple) relevant de la criminalité organisée. Ce « mouchard » ou « cheval de Troie » comme il est surnommé, serait installé sur place, même en-dehors des heures légales, ou via un réseau de communication électronique et pourrait être appliqué sur tout système informatique. Toutefois, certains professionnels, tels que médecins, professionnels du droit, entreprises de presse et parlementaires, demeureraient à l’abri de cette mesure, mesure qui consisterait en fait à transposer au réseau numérique le dispositif classique d’écoutes téléphoniques.
Dans un avis du 16 avril 2009, la CNIL s’inquiète des modalités de conservation des données saisies, et rappelle le principe de proportionnalité issu de la Loi Informatique et Libertés du 6 janvier 1978.



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