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Le risque projet : un sujet prégnant


Le risque projet ne semble pas être de ces notions dans l’air du temps qui s’évaporeront sitôt les entreprises sorties de la crise. A l’heure où chacun s’efforce de tirer les enseignements de celle-ci pour accompagner une reprise encore incertaine, le sujet devient prégnant. Le niveau croissant du déficit public, qui conduit à une redistribution des cartes au sein des partenariats Publics-Privés, mais aussi la volonté que manifesteront d’ici quelques mois les entreprises, petites, moyennes ou grandes, de prendre des marchés à l’international, commandent d’intégrer cette notion dans notre culture.

par Sophie BELMONT , le 16/02/2010 | Commentaires : 0

Conduire un projet performant et responsable

On oublie souvent que des projets se sont révélés de véritables succès dans des pays d’Amérique latine ou d’Afrique, pays pourtant classés C ou D, ce qui tend à vérifier que le respect d’un certain nombre de fondamentaux reste décisif. Les partenaires doivent d’abord se répartir les risques, à l’exception des risques majeurs, ces derniers devant demeurer à la charge de l’Etat. Et les garanties seront d’autant plus importantes que ce partage satisfera les intérêts de toutes les parties prenantes, banquier et usagers compris. Mais, précise Stéphane Beaumont, « le projet, performant, doit être encore éthique : est-il conforme et remplit-il tous les objectifs ? Sinon, existe-t-il des contraintes incontournables qu’il serait possible d’expliquer ? Car l’entreprise sans projet éthique peut voir engagée sa responsabilité sans faute, responsabilité dont le champ s’est élargi. « Respecter les lois et règlements ne suffit plus » relève l’avocat : « il faut démontrer l’équilibre entre les profits économiques, l’objet social et le respect de l’environnement, en documentant ses comportements ». Des diligences non sans liens avec le principe de précaution. Une « gestion des peurs » selon Stéphane Beaumont et un principe qu’une large partie de son auditoire a perçu comme le moyen pour les pouvoirs publics de se déresponsabiliser sur les entreprises. Ce qui d’ailleurs, pour l’avocat, confirme combien « les facteurs humains sont devenus essentiels dans le risque projet ». Mais, en dépit de cette vision transversale du risque et de cette transparence obligée, force est d’admettre que les entreprises se heurtent encore à une asymétrie réciproque d’informations, à défaut de disposer des moyens adaptés pour réduire celle-ci. C’est là un point encore largement perfectible [2]. Et, dans l’immédiat, il convient de l’intégrer dans la gestion du risque résiduel, assurable ou non.
Le risque zéro n’existe pas en compétition et, comme les champions sportifs, les entreprises doivent élaborer une stratégie de course évolutive : aligner les paramètres et déterminer précisément le moment où il faut être à 100% !



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